lundi 30 avril 2007

L'homme de sa vie

J'ai vu ce film de Zabou Breitman.
Eh bien chapeau !

La photographie est superbe et tient lieu de narrateur. Un regard "neutre", un peu froid. repectueux. Un regard qui fait ressortir l'humanité des personnages.

Un plan ; la caméra est posée dans un coin de verdure. On voit entrer et sortir du champ un ballon, et des enfants qui jouent avec ce ballon.

Un autre plan, récurrent : un enfant regarde quelque chose au microscope. Sa main joue sur l'anneau de mise au point, et l'image du film devient floue, puis redevient nette. La caméra est donc comme un microscope, un simple observateur.

Et la narration est très belle.

Bernard Campan est épatant. Il joue bien !! les autres aussi, mais là ça m'a plus frappé. D'emblée, on oublie l'avoir déjà vu, on oublie ses autres rôles. Epreuve réussie.


Une ou deux longueurs, inévitable pour ce genre de film, mais franchement bien gérées.
Pour moi, un seul hic, c'est la scène de la femme qui pète les plombs quant à son rôle de mère. Trop décalé à mon goût. C'est la seule scène où on sente un personnage s'adresser à la caméra, à un public ; on sent que le texte a été écrit. Film d'auteur.

Quoi qu'il en soit, chapeau, Zabou Breitman.

dimanche 29 avril 2007

... le chemin de la Terre est effacé de ma mémoire ...

Je viens de me rendre compte que le CV que j'utilise depuis quelques semaines contient des erreurs, y'a des mots manquants parce que je me suis planté en faisant mon PDF.
C'est n'importe quoi, mais d'un côté ça me rassure quant à l'absence de réponses...

J'ai fait du sport ces trois derniers jours, et je suis à jour dans mon ménage et mes lessives. Je trouve ça très agréable -- un îlot d'ordre dans une illusion de chaos. Mais peut-être est-ce l'inverse, mon "ordre" personnel est le chaos de l'arbitraire dans le grand ordonnancement de l'univers.

Ce soir, on a sonné à ma porte alors qu'il était déjà tard. Comme j'étais occupé je n'ai pas ouvert, mais voilà qu'on jette de petits cailloux contre ma fenêtre, avec de plus en plus d'insistance.
Je me faufile alors dans le noir des couloirs pour deviner deux silhouettes derrière la porte de la rue. Et j'entends deux voix de mecs, des voix inconnues.
Ils ont insité pendant un bon quart d'heure, limite excités.

Ca m'a mis mal à l'aise, si bien qu'une heure plus tard je tressaille encore au moindre bruit.

Vu la douceur de la nuit, les fenêtres ouvertes me permettront de tout entendre jusqu'au matin.

mercredi 18 avril 2007

La Recherche du Nouveau Tsar

Julien a chanté Elvis.
Je trouve que c'est une redite par rapport à Like a Virgin la semaine passée.
Je suis fan de julien et ça me fait chier parce que c'est limite malsain. J'adore quand il chante de manière habitée. J'ai une faim dévorante de ces performances-là, parce que c'est tout ce que j'aime. Comme Amel, c'est son honnêteté, son courage, sa "naïveté" assumée, la fille qui donne vraiment toute son âme. Julien il est capable de ça.
Je suis d'accord avec Marianne James, elle m'a tiré les mots de la bouche. Il a pas besoin de jouer les comiques, les décalés. Enfin, c'est sympa aussi, mais c'est pas ça son défi. son défi, c'est A la faveur de l'Automne.
J'ai du mal à calmer ma frustration. Je lui en veux de ne pas m'avoir donné ce que j'attendais. de l'émotion pure.
C'est malsain ce sentiment.
Je lui en veux parce que moi je n'ai plus ce courage. Moi je n'ai plus les couilles de tout donner.
Je ne suis plus dedans.
Il y a des moments de grâce. c'est la seule chose qu'on n'obtienne pas par le travail. Cette honnêteté.
Jean-Louis Murat, parfois il me gonfle, mais il est totalement intègre. Au point que parfois j'aie pas envie de me prendre ça dans la gueule. "C'est l'amour qui passe, ses magnifiques chevaux....oooooh, c'est l'amour qui passe, au galop" C'est même pas la plus lourde à porter, mais ça implique de se fondre dans l'immensité, l'air, le ciel, les montagnes. Les étoiles. C'est l'ultime dilatation de l'âme qui est mon but, que je n'ose poursuivre.


Julien, en plus ça le rend beau quand il chante avec ses tripes. Tous les chanteurs deviennent beau quand ils donnent tout.
C'est dingue.
On est transcendé par "ça".

samedi 14 avril 2007

cons / sommation

J'ai conscience de ce que les animaux qu'on mange sont des êtres vivants, mais ça ne m'inspire pas d'idée végétariennes. Par contre ce serait bien qu'on améliore les conditions de vie et de mort de ces animaux qu'on mange. Même pour nous ce serait mieux.

Je me demande comment on en est arrivé là. Une logique de profit d'une part et de consommation d'autre part, une logique extrême. et chaque jour dans ma cuisine, dans les magasins, j'ai mes oeillères et j'ignore sciemment la misère humaine qui est de moins en moins lointaine.


Il y a peu, j'ai fait ce rêve. J'étais dans un supermarché inconnu, et tout à coup je me sens oppressé, faible. je me rends compte que les gens autour de moi aussi ont soudain l'air faible. Ils sont pales, anémiques. Et le rayon est fortement incliné, c'est une côte abrupte, d'autant plus dure à monter qu'on est épuisé, affamé, hagard. et je suis pris d'une peur panique, il est urgent que je gravisse cette côte pour rejoindre une autre allée du magasin, en terrain plat, loin de la faim et de la misère. Dans cette allée où je suis encore, c'est chacun pour soi, parce qu'on ne peut plus faire autrement. en tout cas, moi je ne pense plus qu'à ma gueule, à sortir de là à tout prix. La lumière elle-même est blafarde, parce qu'on n'est plus personne, dans ce monde de consommateurs.
Et quand j'arrive enfin au sommet de cette côte, dans un rayon confortable, chaleureux, plein de bons bourgeois souriants, je suis aussi comme eux, et je passe mon chemin en ignorant de toutes mes forces le rayon en pente où l'on a si faim qu'on n'a plus de force, et je veux rentrer chez moi.


mercredi 11 avril 2007

Les jours passent avec leur lot de surprises.
Une naissance la nuit dernière.
J'ai fait quelques photos ces jours-ci.
A suivre ... :)

mardi 27 mars 2007

Les larmes aux yeux / La honte comme moteur.

En arrivant au travail ce matin, je trouve une grande enveloppe à mon nom, portant l'écriture de mon homme.
Content et surpris, je l'ouvre et découvre un boitier de DVD superbement illustré, avec des photos de nous, et comme texte, plein de qualités qu'il me prête. Dans le boîtier, un disque avec plein de clips de Tori Amos, et deux bagues.
J'étais hyper ému. C'était tellement bon, cette attention, et ces qualité qu'il me prête, qui sont mon objectif.


* * * * *

Ce soir, après 10 heures de boulot et les jambes douloureuses, je m'attaque à la pièce de mon frère, pleine de ses affaires du sol au plafond, pour en dégager un maximum. Cette pièce en effet doit être repeinte après demain, et là, pas moyen d'atteindre les murs, encore moins le plafond.
J'avais dit à mon frère qu'il fallait vider sa pièce et que je voudrais bien l'aider, mais avant jeudi parce que je pars en Alsace -- et parce que ça doit êter peint jeudi de toute façon. Seulement mon frère, il ne compte pas ête dans les parages. Bien bien. alors ce soir, j'ai passé deux heures à dégager cette pièce, gros meubles, cartons... Il reste encore plein de merdes dans le chemin mais du moins il y a moyen de circuler.
C'est grave quand même, on engage quelqu'un pour peindre, et puis comme une évidence, on compte sur lui pour tout déménager, tout remettre, tout redéménager. Et n'oublie pas la vaisselle, dis, s'il te plaît.
Ca me fout carrément la honte.
J'espère que mon frère continuera quand même ce boulot, parce que moi, demain soir c'est de chez moi que je m'occuppe.

Nettoyer, remettre les meubles à leur place, tout ranger et renettoyer.


Et puis faire ma valise, parce que le jour suivant, juste après le travail, je m'en vais !!!!
Laisser derrière moi cette absurdité, même pour quelques jours, c'est ça le bonheur.

samedi 24 mars 2007

la fin d'un rhume, la fin d'une ère

Quand je suis enrhumé, mon homme trouve que je parle comme Kenny de South Park, et je crois qu'il n'a pas tort.
Aujourd'hui, je n'ai fait que dormir. J'étais en meilleure forme ce matin, et puis une cuillerée de sirop a suffi à m'assommer.

La fièvre, moi je l'aimais bien, quand tu me collais des angines, je voyais des dragons de chine s'agiter sur mon papier peint (Anne Sylvestre)

Ce soir, j'ai retrouvé des amis dans une chouette pizzeria, et puis on a bu un café chez eux. C'était sympa, une soirée relax et drôle comme je n'en avais pas connu depuis longtemps. Une simple bonne petite soirée.

Je ne sais pas si ce sont ces amis ou moi qui avons été différents. en tout cas c'était chouette.

* * *
J'écoute Nina Simone chanter "He's Got The Whole World In His Hands" et je sanglote. Pourquoi est-on encore tant soit peu malheureux ? Et si Dieu n'y pouvait rien ?
Tracy Chapman dit du paradis qu'il est ici sur terre, dans notre foi en l'espèce humaine, dans notre respect de ce qu'est cette Terre. Je trouverai ce paradis, même si je dois le bâtir pierre après pierre.

Je suis devenu un consommateur. Depuis que je ne chante plus, j'ai perdu la foi en ma propre bonté. Je ne crois plus que l'amour déplace des montagnes et ça ne me convient pas. Car oui, l'amour déplace des montagnes, et le meilleur moyen de le savoir, c 'est d'aimer à ce point.
Mais où est ma force, ma seule vraie force ? Où est cet amour sans borne ? A quoi me servent mes yeux, mes mains ?

Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas l'amour, je ne suis qu'un airain qui résonne ou une cymbale qui retentit. Et quand j'aurais le don de prophétie et que je connaîtrais tous les mystères et toute la science, quand j'aurais toute la foi, jusqu'à transporter les montagnes, si je n'ai pas l'amour, je ne suis rien. Et quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres, quand je livrerais mon corps pour être brûlé, si je n'ai pas l'amour, cela ne me sert de rien. (1 Corinthiens 13)

mercredi 21 mars 2007


Cette nuit, une petite phase d'euphorie irrationnelle, je vois que je fais chier tout le monde pour que dalle. Je perçois que ça peut être autre ment. Même genre de feeling qu'après avoir lutté contre l'idée que la PNL puisse avoir une quelconque validité. "Les choses peuvent être autrement". Bon. Nouvelle valeur : on s'en fout. Une insouciance insolente. Voilà tout.
Se concentrer sur le prochain pas ; le bout de la route n'est qu'une notion utile.

Ma soeur me dit que ce n'est pas mal de se rassurer, mais qu'on peut parfois simplement croire que notre ange gardien nous aide et ote les pierres de sous nos pas.

Endormi tard, réveillé avant le réveil.
Un sommeil de plomb.
Je me demande quelle surprise cette journée réserve.

Je pense à la jolie Amel qui est à 100% dans ce qu'elle fait, jusqu'à se donner trop. Je crois que c'est une ressource en soi.

Alors, il vient ce nouveau boulot ?
Où se cache-t-il?

lundi 19 mars 2007


Ma mère, qui est ma propriétaire, a prévu de menus travaux dans la maison, et m'avait informé que je devrais dégager un mur pour qu'il soit repeint.
Puis je vois les ouvriers, qui me disent qu'ils vont tout repeindre, y compris les portes et les châssis. Alors je me renseigne auprès de ma mère qui me dit qu'il n'en est pas question.
Puis, plusieurs jours plus tard, j'interroge de nouveau ma mère qui me dit que finalement si, tout va être repeint.
Yo, mais mes affaires sont dans le chemin, la maison est un chantier et pas moyen de savoir au juste quand on travaillera dans mes appartements.

Suite d'une science fiction, Gabe va emballer ses affaires et les entreposer ... quelque part ? ou nulle part, et va s'emballer lui-même dans un carton d'où il sortira pour aller baooosser. Yoo.

* * *

C'est curieux d'être angoissé à ce point par des soucis d'intendance.
Mon homme me dit d'obtenir les dates, pour commencer. Que si ma mère ne peut pas me renseigner, d'en discuter directos avec les ouvriers.
C'est évident en fait, hein ? et ça m'accable. tsss. Incompétence. Manque d'investissement.
C'est l'histoire du gars qui ne fait que passer et qui s'éternise entre deux portes.
C'est l'histoire d'un départ à jamais remis.

* * * * *

"Marseille, tais-toi Marseille, tu cries trop fort je n'entends plus claquer les voiles dans la port" ... "Marseille, tais-toi Marseille, crie pas si fort que je puisse rêver que je quitte ton port"

chanté par Barbara,
je ne sais plus de qui est le texte


* * * * *

Yo. Donc aujourd'hui, où j'apprends que les menus travaux seront plus conséquents que de repeindre un mur, je veux aller à la salle de bain, mais zut, les ouvriers y sont. Je vais donc sortir pas lavé - dommage, je me suis pas lavé depuis mon sport d'hier, je sens bon la grange aux vaches. En passant, je vois que la cuisine est impraticable, comme elle sert d'entrepôt à une partie des affaires de mon frère qui empêchaient les ouvriers de travailler chez lui.
J'interroge quant aux dates, tout ce que j'obtiens comme réponse, c'est que c'est imminent mais "t'inquiète pas, je te dirai quoi".

Tant qu'à vivre une histoire de science fiction, où sont les progrès technologiques, les aliens aux pouvoirs merveilleux, les horizons à perte de vue, la téléportation par la pensée ?

Je ne sais pas comment je vais faire. C'est sûr que c'est bien de tout repeindre, mais c'est aussi bien d'habiter quelque part, de pouvoir se faire à manger ou se la ver, même à l'eau froide comme pour l'instant. Et dormir quelque part, même s'il y a tant de vent dans la chambre qu'on se réveille malade.
Brrrr. ressasse, ressasse.

dimanche 18 mars 2007


Aujourd'hui c'est l'anniversaire d'une super amie. J'ai enregistré un message sur sa boîte vocale, où stevie Wonder lui chante Happy Birthday.

Aujourd'hui, un vent mouillé fouette les maisons et s'insinue à travers les chassis. Il va falloir se motiver pour ne pas passer la journée à grelotter et à regarder le ciel d'un air morose.
J'ai renversé un peu de café à l'entrée du living, et la couleur du chiffon avec lequel j'ai essuyé m'indique qu'il est grand temps de faire le ménage.
Car*lin au géranium, tu vas une fois encore enchanter mon intérieur de tes douces et fraîches senteurs. Grâce à toi, même ma serpillère danse le tcha tcha.

vendredi 16 mars 2007

Avec Grand Corps Malade, c'est fou, je suis partagé. Je n'adore pas, mon admiration n'est pas sans borne, mais ça me touche.
Son verbe ne m'intéresse pas en tant que tel, mais pour son effet de révélateur. Pour la manière dont il touche.

Donc oui je l'admire, et j'aime.
c'est bizarre. Très fluide en fait.

jeudi 15 mars 2007

Beaucoup travaillé, peu dormi. Du moins jusqu'à cette nuit. Il fait super beau ces jours-ci et je reste dans une certaine insatisfaction. C'est ce qui m'a tenu éveillé toutes ces nuits. L'idée qu'il y a encore quelque chose à faire, quelque chose que je veux et qui reste flou.
Ce matin, après 8 heures d'un bon gros sommeil, je sais ce que je veux.
Je lis une annonce d'emploi, me disant que ce serait quand même pas mal.
Ce soir, déjà le début de mon week end.
L'occasion de reprendre le taureau par les burnes.

dimanche 11 mars 2007



lundi 26 février 2007

Quel héros de film es-tu ?


Néo (Matrix) : 77%
Jim Levenstein (American Pie) : 76%
Hannibal Lecter : 74%
James Bond : 70%
Yoda (Star Wars) : 70%
Eric Draven (The Crow) : 70%
Tony Montana (Scarface) : 69%
Indiana Jones : 68%
Maximus (Gladiator) : 67%
Batman / Bruce Wayne : 66%
Forrest Gump : 63%
Schrek : 60%

dimanche 25 février 2007

Une journée banale.
J'ai lavé mes carreaux ; toute la crasse était à l'intérieur. J'essaie de ne pas y voir de signe quelconque et je me réjouis de la lumière nouvelle dans la maison.

Plus tard, i-tunes gueule sa musique et j'essaie de chanter mais j'ai des aiguilles dans la gorge et ma voix ne sort pas. Alors je joue du piano dans les airs, en me souvenant de quand j'avais un piano.
Je bâtis des plans sur la comète, une épargne et un nouveau piano Roland au bout de mon rêve, mais je sais bien qu'il y a toujorus d'autres choses à payer, et que tant que ce ne sera pas fait et assaini, le piano restera dans ma tête et je ferai semblant de jouer.
Je m'apaise en me disant que c'est bien de désapprendre, que je serai neuf quand j'aurai un piano, que je ne serai plus bloqué dans les quelques mêmes morceaux, avec chaque note laborieuse sorties de mes crampes.
J'écoute une jeune pianiste qu'on m'a fait connaître et sa grâce simple et légère me fait tout oublier.

mercredi 21 février 2007

20 février 2007

Jamais je n'ai été aussi paisible après son départ.
D'ordinaire, avant l'échéance, je fais le fort, je m'accroche à mes idées, à mes souhaits. Ca va aller ; cette distance ne change rien à nos sentiments. Bla Bla Bla. Là, deux jours à l'avance, je me suis dit "merde! il va s'en aller". Il m'en a parlé aussi.
Et là, c'est le vrai calme intérieur. Pas un soupçon de cette panique à laquelle je suis acoutumé.

Je rentre ce soir dans ma maison vide, et je trouve des petits mots partout, sur chaque objet que je m'apprête à utiliser, dans mon porte-monnaie, jusque dans le lit. Tiens, ce n'est donc pas péjoratif, le mot romantique, après tout.


* * *

J'ai toujours su écouter, mais pas me gérer pendant l'écoute. Je n'ai jamais su quoi faire de moi. Et là, du moins pour écouter, j'ai fini par apprendre. Que faire de moi ? Rien. Justement.

L'autre soir, à la fête de mon amie, je me suis trouvé gauche. Timide comme un gosse et pas vraiment avenant. Quoi faire de moi. Je suis conscient des regards sur l'espace que j'occupe et je me sens tenu d'occuper cet espace de telle ou telle façon, avec toujours l'illusion que mon être est trop impalpable, et l'impression de donner le change, que cette matière qui occupe mon espace est le fruit de mon esprit, par souci de décence pour qui me regarde. Je me crois fait d'ether.

Et quand je suis avec des gens que j'admire assez pour oublier mes délicates théories, et dont je crois qu'ils peuvent voir la fluidité de mon âme, eh bien je me laisse aller, et alors je suis lourdeau, aigre, je sens mes cicatrices qui tirent et je deviens petit. Pas bête comme un animal, mais comme un homme. Avec des justifications stériles, des explications brumeuses, des réponses à tout prix.
Je me dis de faire la paix avec toutes ces blessures, puisque je les connais.
...les blessures ne sont pas de la nourriture...les blessures ne sont pas de la nourriture...

Mes animaux m'ont beaucoup appris. Ils m'ont montré les principes primordiaux de la vie. Si mes valeurs ne se fondent pas sur une telle base, elles sont vouées à s'effondrer encore, et encore.

03 février 2007

une phase de rage. J'ai hurlé ce soir. J'ai chanté à plein poumons. J'ai soulevé de la fonte, soulevé ma masse, ai cogné les murs.
Je sens mon cerveau reptilien réclamer son dû, la vie ! Mes exigeances.
Et moi ? ! !
Vivre. Voilà. Chasser, manger, baiser. Dormir. Respirer. Rugir et laisser sa voix raisonner et se répendre sur le monde.
Voilà mes exigeances.

Je me sens positivement seul. C'est MOI.
Toutes mes attaches. Tout.
Je veux garder cette rage. Garder mon unité.

J'ai été pendant des siècles Gabe le gentil. Le doux. Celui qui supporte tout. Et aujourd'hui pourtant malheur à quiconque se tiendrait sur ma route.
Aujourd'hui je sens tout mon être comme UN.


Silent All These Years de Tori Amos. Toujours cette chanson m'a parlé. Toujours je l'ai vécue, mais jamais comme aujourd'hui. C'est fini le silence.
Je me suis réveillé au monde, et que la terre tremble !!!!!!

J'ai l'impression que mon cerveau veut sortir de ma tête.
Je me demande qui m'aimera encore, bonheur malheur. Je n'avais jamais pensé aussi froidement. Je me sens implacable. Invincible.
J'ai envie de me battre et de vaincre. Quelqu'un. Ou cette enveloppe de conscience et de chair qui fut ma prison.
J'ai envie de sang.
Envie de coups.
Envie de victoire.

Pour la première fois je prends possession de mon royaume. Parler d'empire serait plus juste.
Mon empire sur le monde.
Mon empire sur toi.

Mon empire sur moi.



Toute ma vie passée me paraît dérisoire, et devant je vois la délectation d'un champ de bataille, d'un raz de marée, d'une comète. La destruction créatrice de chaos. La négation du néant par l'anéantissement.

Jim Morrisson est un con, et il est mort.

Sur cette terre, il n'y a que MOI.

Je me fous de votre adoration, de vos prières, de vos caresses, vos coups sont comme des mouches sur mes os-séquoïa. Mon souffle balaye l'univers. Eteint le soleil.
Mon regard est la nouvelle lumière.
Ma voix est le vent.

Mon sperme, l'océan.
La vie dans la vie dans la vie dans la vie.

Je me suis dilaté jusqu'aux impénétrables confins de l'univers, embrassant sa limite illimitée, la fin de son infini.

Implosion. Naissance. Mort. Naissance.


J'étais mort de naissance.
Je suis né de ma mort.

tremblez que je vous touche.

10 novembre 2006

2.00

Encore une nuit. Deux heures du matin. Je suis défait.
Mon homme se connecte pour me parler dix minuites, puis se déconnecte pour de bon. Veut plus me parler, ni que je lui parle. C'est nul.
Je me sens seul ce soir. Je me rends compte que mes sentiments ne sont pas fondés, que je me fais des montagnes de petits détails.
Tout à l'heure la parano. Imaginer qu'il me trompait, qu'il ne m'aimait plus. C'est nul. Même si c'était vrai ce serait nul pour moi de vivre avec ça.
et puis la parano. Il m'a dit quelque chose d'anodin, en parlant de quelqu'un d'autre, et pour moi ça a été horrible. Je me suis demandé si c'était une méchante allusion quant à ce qu'il me faisait. Me dire que je suis déprimé même si c'est pas vrai, jusqu'à ce que ça me déprime.
Toute la semaine a été moche entre nous.
Je suis paumé.
J'ai pas envie de me connecter demain.
Tout me fait chier. Le boulot. La soirée de demain, soi-disant pour mon anniversaire, chez des potes. Ma famille de cons. Moi.

J'avais envie d'écrire un texte que je trouverais beau plus tard. Mais non. C'est trivial et moche. Zut alors.

01 novembre 2006

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The night horses and the black mares steady themselves for the outcome, for the strange days upon us.
Tori Amos in Mother Revolution

Aujourd'hui ces mots sont aussi implacables qu'une étoile. The outcome. Rien ne me vient. I steady myself. C'est comme une cape qui habille tout.
Aujoud'hui j'ai mangé de la viande, et j'ai pensé à la vie de cet animal que je mangeais, et je me suis nourri de sa vie, de ses joies, de son regard, de sa mort. Et j'ai été reconnaissant.
Aujourd'hui, j'ai écouté Grand Corps Malade, avec tous mes a priori qui sont tombés. Et puis vient le moment où je me rends compte que je ne peux pas me nourrir exclusivement de la beauté des autres, de leur regard, de leur dignité.
Moi, mon quotidien, ma vie, c'est the outcome, et je m'accroche dans cette violence sourde, même si parfois je crois que je n'en peux plus.
Je me dis "c'est chimique, tes joies, tes peines" et je ne respecte pas mon humanité. Je me prends de haut, alors que je les vis, ces strange days, comme nous tous. ON est en plein dedans, là. On s'embrasse, on se prend la tête. On s'aime. On se fait du mal.

But what you didn't count on, was another mother of
a mother revolution.
Et je m'accroche à tes prophéties. Je crois que je peux me retourner. Ma révolution.
Mais la vérité est toujours ailleurs. Je me vois comme un vide à combler, je cherche le feu des hommes ou des artistes, et souvent quand je vois leurs limites, je les prends de haut comme moi.
Je voudrais que cette femme ne meure jamais. Son art est comme une prophétie. Plein de courage et de travail sans compter. Son souffle, ses lèvres, ses yeux chantent la vérité.

19 juin 2006

30.05.2004

I could feel it in my head today, as I was walking down the valley to my friends' house, one of my stupid voices talking to ghosts from the past again, as if it mattered, as if ghosts cared.

Addressing ghosts cannot change the past. It can just keep me stuck back there, be it at night on that road between the village where I was born and Leuven, afraid and silent on the back seat of the car; or just in those ugly leather armchairs in that flat in the north of Brussels, allowing an ordinary bastard to mess with my feelings, or receiving a first taste of violence ; or...

All that matters is tonight.
I'm sleepless and cold although it's kind of warm.
I'm going to go to bed

"if you let your fears keep you from flying, then you will never reach your heighth" (from Come Back To The Middle -- India Arie) (she's a queen)